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Cité Fauconnet : la clôture de la discorde
La cité Sacvl va être prochainement clôturée, à l'exception du périmètre de l'épicerie devenu lieu de rassemblement nocturne des jeunes du quartier. Les habitants cherchent une solution
Tous les soirs, à l'angle des rues Pierre-Valdo et Jean-Fauconnet dans le 5e arrondissement, c'est le même cirque.
Les jeunes des quartiers alentours squattent au pied du n° 25, devant la petite épicerie de proximité qui fait l'angle. Et chaque soir, chaque nuit, c'est la même galère pour les habitants de la résidence Sacvl (Société anonyme de construction de la ville de Lyon) : « Les jeunes parlent fort, mettent la musique à fond, font des rodéos dans le carrefour qui s'achèvent au frein à main sur le parking de la résidence. C'est insupportable, on ne peut pas dormir », confie un habitant. Et son voisin de poursuivre : « Avec ma femme, on a carrément changé notre chambre de pièce. Depuis que l'on dort sur l'arrière du bâtiment, c'est un moindre mal! »
Le problème n'est pas très vieux : « Ca fait trente-huit ans que j'habite ici, et je peux vous assurer que ce quartier a toujours été très calme. Tout a commencé il y a environ deux ans », précisément quand les résidences HLM alentours, ont été clôturées. « Comme ils ne peuvent plus squatter vers les autres immeubles du quartier, ils viennent ici.
La Sacvl a donc pris la décision, avec ses locataires, de clôturer à son tour l'ensemble de six bâtiments de la rue Fauconnet. Mais comme elle ne peut barrer l'accès à l'épicerie en pied d'immeuble (notre photo), la clôture s'arrêtera de part et d'autre de la façade de la supérette, laissant libre accès à ce lieu de rassemblement nocturne. Les habitants du n° 25, dont les appartements donnent au-dessus de la supérette, ne sont pas d'accord : « Nous allons devoir assumer comme tous les résidants le coût de cette clôture sans profiter de ses avantages, à commencer par la tranquillité ! » Et l'épicier de proposer à la Sacvl de l'indemniser pour qu'il quitte les lieux, voire de le reloger ailleurs, dans un autre local en pied d'immeuble. « Impossible, pour la Sacvl. On ne peut pas chasser le commerçant et encore moins se soustraire à la police. Il faut sensibiliser les forces de l'ordre au problème pour qu'elles interviennent et dissuadent les jeunes de revenir. » « Nous sommes au courant du problème depuis deux ans, ce qui correspond effectivement à la fermeture des résidences alentours. Nous avons déjà sensibilisé la Police nationale, la police municipale et les services de prévention de la délinquance », explique le directeur de cabinet de la mairie du 5e. « Mais nous ne pouvons souhaiter la fermeture de cette épicerie. La fermer reviendrait à priver les habitants du rare commerce de proximité du quartier ! Ce n'est pas une solution. Nous allons donc demander des actions fortes à la police et organiser prochainement une réunion avec les habitants de la résidence. »